Musée de la Mine de Bosmoreau

Historique de la mine

Les mines de charbon de Bosmoreau : deux siècles d’histoire

Découvert pour la première fois en avril 1765 au village de Lasmais (devenu Chez Lameix), le charbon va bouleverser la vie rurale et tranquille des habitants de ce bourg de 400 âmes. Exploitée de manière artisanale à ses débuts, cette nouvelle ressource connaîtra, après bien des vicissitudes et des évolutions techniques, son apogée quelques années avant la fermeture des mines en 1958.

1784-1850 : la mine artisanale

  • une exploitation par intermittence : accordée par le roi Louis XVI en 1784, la concession des mines de Bosmoreau changera de propriétaires à cinq reprises pour des durées plus ou moins longues. En tout et pour tout, la mine ne sera exploitée sur cette période qu’une trentaine d’années.
  • une petite production comprise entre 2000 et 5000 tonnes répartie sur une quinzaine de puits.
  • une main d’œuvre originale : des mineurs paysans.
  • des techniques d’exploitation rudimentaires : le charbon était remonté dans des seaux à l’aide de treuils à bras, du fond de puits qui ne dépassait pas 10 mètres de profondeur. Un remarquable document de l’an VIII décrit dans le détail la mine de cette époque, grâce à une esquisse en couleur.

Malgré l’intérêt porté par le physicien Gay-Lussac en 1837 aux mines de Bosmoreau, la mort prématurée de Monsieur Moulard, propriétaire de la mine de l’époque, mettra fin à son projet de développement d’un complexe industriel sidérurgique.

1855-1922 : la mine industrielle

  • une exploitation continue : la concession sera désormais exploitée par une seule famille de porcelainiers de Limoges sur un puits principal : le puits Marthe profond de 123 mètres.
  • l’utilisation de techniques nouvelles : la construction d’un chevalement alimenté par l’énergie d’une machine à vapeur va faciliter considérablement la remontée du charbon à la surface. La mine sera organisée de manière plus rationnelle grâce à l’ouverture de galeries de roulage et d’écoulement des eaux.
  • une commercialisation du charbon facilitée par l’arrivée du train en août 1883, grâce à l’appui décisif du député creusois Martin NADAUD.
  • une gestion plus efficace du travail dans la mine avec des mineurs professionnels à temps complet. L’arrivée d’un nouvel ingénieur des mines Claude DEVILLE accompagné d’une trentaine de mineurs de LAVAVEIX, va donner un essor considérable à la mine. Le nombre de mineurs va ainsi passer de 50 en 1855 à 195 en 1922 et la production sera multipliée par 5 entre 1896 et 1922 pour atteindre 40 000 tonnes par an.

En 1922, la mine de Bosmoreau va s’arrêter une première fois à cause de l’épuisement du puits Marthe et des recherches infructueuses de nouveaux gisements. Le site sera reconverti en une briqueterie entre 1923 et 1935.

1942-1958 : la mine évolutive

  • une mine à ciel ouvert : découverts par hasard, d’importants gisements de charbon à faible profondeur sur 3 sites différents jusqu’alors ignorés.
  • une exploitation intensive des sites par une compagnie de travaux publics, la T.S.E. (Travaux du Sud-Est) utilisant de nombreux camions et d’énormes pelles mécaniques.
  • une forte productivité du travail et une production maximale. En 1951, les 359 mineurs et conducteurs d’engins extrairont une production record de 264 000 tonnes.
  • une qualité exceptionnelle du charbon rendue possible par de nouvelles installations de traitement du charbon (construction de lavoirs).
  • de nouveaux paysages miniers se dessinent : découvertes, terrils

Le changement stratégique de la politique énergétique de la France au profit du pétrole et du nucléaire, mais aussi une gestion douteuse et aventureuse de la T.S.E. vont conduire le 1er avril 1958 les mines de Bosmoreau à leur fermeture définitive. 117 mineurs seront licenciés, ils partiront pour la plupart dans les mines de charbon du Puy de Dôme et celles d’uranium de la Haute-Vienne. Le matériel et les terrains seront vendus aux enchères dix ans plus tard.

Le rachat en 2003 des sites historiques de la mine par la Commune de Bosmoreau, a permis la création d’un musée à ciel ouvert qui complète et enrichit le Musée de la Mine


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